Au bord de l'eau

2020

céramiques, ruban, silicone, tissus, béton, acier, corde, micro-algues, feuilles de bananier, feuilles de yucca

vues de l'installation à Bonus, salle blanche, Nantes

Au bord de l'eau (get naked)

2020

feuilles de yucca, céramiques

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Capture d’écran 2020-11-17 à 18.35.45.
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Au bord de l'eau

2020

vues de l'installation à Bonus, salle blanche, Nantes

Le titre de l’installation Au bord de l’eau se réfère à un roman d’aventure tiré de la tradition orale chinoise, compilé et écrit par plusieurs auteurs, mais attribué généralement à Shi Nai’an (XIVe siècle). Il relate les aventures de cent huit personnages qui se réunissent au bord d’un marécage pour se révolter contre la corruption du gouvernement et des hauts fonctionnaires de la cour de l’empereur. Le livre comporte également de nombreux éléments surnaturels qui, intégrés à un contexte bien réel, font de ce récit un précurseur du genre fantasy-historique. C’est à travers son adaptation japonaise, dans le jeu vidéo Suikoden 2 du studio Konami (1998), que j’ai initialement découvert ce récit très populaire en Chine. L’installation fait écho aux métamorphoses de cette histoire, réinterprétée d’une culture à l’autre, en suivant sa trame comme un mince filet d’eau. 

Elle se compose de nombreuses "scènes" qui nous plongent dans un décor inspiré par un environnement dont le biotope a été altéré, à l’image d’une mangrove asséchée, ou d’un récif corallien blanchi. Les gestes et les sculptures qui constituent ces scènes, croisent l'interprétation du récit Au bord de l'eau, à des questionnements éthiques envers les animaux non-humains (relatifs à l’idéologie dominante du spécisme), développé notamment par le philosophe Peter Singer. Le titre de la fontaine Ghost net désigne en ce sens les filets fantômes volontairement laissés ou perdus dans l’océan par des pêcheurs qui prennent au piège de nombreuses espèces animales en dérivant à l’aveugle. Elle rappelle un théâtre de marionnettes ; les coulisses d’un théâtre d’ombres, où des sculptures en feuilles séchées rencontrent des céramiques sur lesquelles se développent des micro-algues. 

Les feuilles de bananiers, plante originaire d’Asie du Sud-est, ont été récoltées sur des ronds-points en ville, et séchées de façon à évoquer les dépouilles d’espèces animales (chauves-souris, poissons…). Elles sont couplées à des feuilles de yucca, originaire d’Amérique, également prélevées sur des ronds-points. 

Les céramiques, qui reviennent dans toutes les scènes, suggèrent par glissement des vêtements, des peaux, des ossements, des liens ou des restes sur lesquels des micros-algues ont pu se développer.